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L’éco-cité de Caidian

Depuis le premier accord franco-chinois de coopération sur le développement durable (2007), la Chine a fait de la protection de l’environnement une de ses priorités. AREP Ville, entouré de ses experts, a ainsi accompagné la municipalité de Wuhan et le district de Caidian dans l’élaboration d’une ville durable : l'éco-cité de Caidian, future ville de près de 500 000 habitants, située au centre de la Chine, dans la métropole de Wuhan de 10 millions d’habitants.
Schéma directeur de Caidian
Schéma directeur d'aménagement de l'éco-cité de Caidian à Wuhan, Chine | (c) AREP, Burgeap, Menighetti, Terao, Iris Conseil, EY

C'est un projet placé au cœur des problématiques urbaines actuelles que connaissent les grandes villes du monde (congestion et pollution, étalement urbain, etc.), dont la Chine, pays en forte croissance, est emblématique. Dans un contexte très concurrentiel du marché de l’immobilier chinois, l’attractivité de l’éco-cité a été un des points forts du projet.

Financés par la Chine et la France – via l’Agence Française de Développement -, le schéma directeur d’intentions urbaine, réalisé par AREP Ville en étroite collaboration avec les acteurs chinois, s’inscrit dans un contexte de mise à disposition du savoir-faire français dans le domaine du développement urbain durable. «Ce sera une vitrine extraordinaire pour le savoir-faire français dans le domaine de la construction de villes durable», soulignait, en 2014, Martine Aubry, alors représentante spéciale du Ministre des Affaires étrangères pour le partenariat avec la Chine.

 

 

Une approche globale de la ville durable

La conception du schéma d’intentions urbaines relève d’une approche globale du développement durable, qui considère tout à la fois les données écologiques, géographiques, historiques, économiques et sociologiques de la future éco-cité. Aussi, la première question fut celle-ci : qu’est-ce qu’une ville durable en Chine, dans la métropole de Wuhan? La réponse est issue d’une vision commune entre acteurs chinois et français, qui a permis de dessiner les contours de l'éco-cité.

 

 

Vie urbaine à échelle humaine

Le projet a défini des règles propres à la construction d’une ville dense mais à échelle humaine: organisation par îlots de taille inférieure au standard de la ville moderne chinoise (par exemple 200 m x 200 m au lieu de 800 m x 800 m) ; alignement du bâti le long des voies de circulation ; diminution de la hauteur habituelle des constructions… Tandis que l’infrastructure  autoroutière et ferroviaire est développée, se met en place un maillage fin de voies de circulation, à l’échelle de la ville, du quartier, de l’îlot. La typologie de l’îlot ouvert autorise la traversée par des modes de transports actifs (en vélo, à pied, etc.). S’agissant de  réduire la place de la voiture, le réseau de transports collectifs se densifie (tramway, bus, batobus…).

 

 

Mixage des cultures…

La réalisation de ce projet franco-chinois passe par la création de grands équipements (culturels, universitaires, centres recherche et d’innovation, etc.) ainsi que par l’implantation conjointe d’entreprises françaises et chinoises. Modernes et innovants, les équipements culturels (musée de civilisation, musée des grands fleuves du monde) mettent en valeur l’histoire de la métropole et les traditions locales. Celles-ci sont intégrées dans la conception du schéma d’intentions urbaines en terme d’usages, de programmes et de modes de vie à l’intérieur de l’éco-cité.

 

… et mixité des programmes

Au regard du nombre vertigineux de m2 à construire, une analyse programmatique très précise a permis d’inscrire le projet dans une démarche de durabilité et de : combien d’habitants s’installeront? Quelles catégories de population ? Combien d’emplois ? Quels pôles urbains (centre d’affaires, pôle multimodal de transports, etc.) ? Comment les hiérarchiser et les disposer dans la cité?

Dans un contexte de développement de la Chine d’ordinaire très sectoriel, le projet développe une mixité fonctionnelle et sociale inédite en Chine. Il propose ainsi la constitution de quartiers mélangeant une gamme diversifiée de logements, des  activités génératrices d’emplois, des commerces, des services...

 

Les espaces naturels, éléments matriciels de l’organisation urbaine

Les caractéristiques géographiques et topographiques sont au fondement des orientations données au développement urbain et de la composition du plan d’aménagement. Celui-ci est avant tout la résultante de dispositifs  liés à la protection de l’environnement. Le district de Caidian et le site de l’éco-cité présentent en effet un ensemble d’espaces naturels de très grande valeur écologique et patrimoniale que l’urbanisation préserve et valorise.

Pour optimiser les services éco systémiques (services rendus par la nature qui contribuent aux activités humaines) et les connectivités écologiques (connectivité fonctionnelle qui relie des éléments éco-paysagers) une place majeure est donnée aux espaces naturels : Constitutifs de la trame verte et bleue, les berges de la rivière Han, le lac Houguan et la montagne Maan assurent au sein de l’éco-cité des continuités écologiques terrestres et aquatiques. La matrice paysagère existante est ainsi restaurée, faisant la part belle aux loisirs, à la détente, et aussi à la production agricole.

 

L’agriculture urbaine, outil de développement de l’éco-cité

Le projet fait de la production agricole (déjà existante sur le site) un des axes majeurs de développement urbain. Ces espaces cultivés, tout autant dans les zones non construites que bâties, constituent des réserves de biodiversité, assurent une fonction alimentaire en favorisant les circuits courts, apportent des revenus supplémentaires aux habitants, permettent de limiter ou contrôler la spéculation foncière et de lutter contre l’étalement urbain. Toute la technicité et les dispositifs à déployer pour développer cette agriculture urbaine justifient la création d’un centre de recherche et d’innovation dédié, à rayonnement international.

 

Maîtriser les coûts pour durer

La maîtrise du coût d’exploitation sur le long terme est un élément structurant de la création de l’éco-cité. Les prestataires de services urbains ont donc été associés au projet dès la phase de conception. L’étude de l’ensemble des composantes fonctionnelles (système de transports, dépenses énergétiques, etc.) a permis de mettre en place des solutions conjointes, à l’échelle des espaces publics et des bâtiments. Dans ce cadre, a été établi un éco-référentiel. Intégré aux appels d’offres, il repose sur un système d’indicateurs très précis (environ 150), qui évaluent la performance environnementale sous de nombreux paramètres et à longue échéance. Ainsi, l’éco-cité de Caidian est-elle conçu pour être véritablement durable.